Mieux utiliser l’intelligence artificielle au quotidien

Les statistiques ne mentent pas : en quelques années, l’intelligence artificielle est passée du stade d’utopie réservée aux laboratoires à celui de partenaire discret, ou inquiétant, de notre quotidien.
En informatique, l’irruption de l’intelligence artificielle bouleverse la donne. Robots, assistants vocaux, logiciels capables d’apprendre et de s’adapter se multiplient. Derrière ce progrès, des transformations majeures s’opèrent : certaines entreprises n’hésitent plus à remplacer des centaines de salariés par des machines, convaincues que les algorithmes feront mieux, ou moins cher. Des milliers d’emplois ont déjà disparu, laissant planer une ombre sur l’avenir du travail humain. Ce bouleversement nourrit des interrogations légitimes. Des experts tirent la sonnette d’alarme et appellent à des débats ouverts. Face à ce défi, des congrès prennent la mesure de la situation afin d’en discuter sans tabous.

Une nouvelle ressource

Si certaines intelligences artificielles parviennent à fonctionner de façon quasi indépendante, rappelons que la maîtrise de leur finalité reste humaine. Ce point a été souligné lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, où les dirigeants de Microsoft et d’IBM ont pris position : il devient urgent de cadrer strictement l’usage de l’IA. Pour Satya Nadella et Virginia Rometty, l’IA doit renforcer les capacités des travailleurs, pas les éjecter du jeu. Voir une personne perdre son poste, remplacée sans état d’âme par une machine, choque et interroge sur la direction que prend notre société.

Le sommet de Davos sert de caisse de résonance à ces préoccupations. Virginia Rometty et Satya Nadella, à la tête respectivement d’IBM et de Microsoft, convergent sur la nécessité d’établir des règles claires en matière d’intelligence artificielle. Lors de son intervention, Virginia Rometty a défendu trois principes pour guider un développement responsable de l’IA, dans la lignée des lois de la robotique d’Isaac Asimov. Elle insiste sur l’urgence de limiter les dérives potentielles liées à la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

Au-delà de ces principes éthiques, d’autres enjeux concrets sont sur la table : mieux comprendre les clients grâce au Customer Relationship Management, servir sur tous les canaux, répondre à l’exigence d’ubiquité, ou encore améliorer la performance des entreprises en réduisant les coûts. Satya Nadella le rappelle : la gestion de l’intelligence artificielle ne peut se faire à la légère. Les professionnels ont la responsabilité d’encadrer ces outils pour qu’ils dopent la créativité humaine, sans jamais franchir certaines lignes rouges. Tracer ces frontières, c’est poser la question de la part d’humanité à préserver face à la montée en puissance des technologies intelligentes.

L’IA ne cesse de gagner du terrain. Mais la vraie question, celle qui traverse les débats de Davos comme les réunions d’équipe, reste entière : jusqu’où sommes-nous prêts à déléguer notre pouvoir aux algorithmes ? La réponse, elle, n’appartient pas seulement aux experts, mais à chacun de nous. Car demain, c’est peut-être votre collègue, ou vous-même, qui partagerez le bureau avec une intelligence artificielle.